Résumé de la conférence

Conférence : les colères et les disputes, comment les apaiser, 20 Novembre 2017

Madame Béatrice Fabre, psychologue à l’Ecole des Parents et des Educateurs à Toulouse commence par nous rappeler que l’agressivité est avant tout un facteur de survie (quand le nouveau-né crie, c’est pour attirer l’adulte). En grandissant, l’enfant s’oppose et son agressivité sert à se séparer, à vivre qu’il est unique différent des autres autour de lui.

Cette agressivité est inhérente à toute relation humaine, composée à la fois d’amour et de haine, et nommée ambivalence et qui nous alerte en cas de danger.

Elle évoque les deux écueils en famille :

Idéaliser la fratrie : penser que si les enfants ne se disputent pas c’est que les parents sont de bons parents. Et vouloir la même chose pour chaque enfant, or il s’agit plutôt d’apporter à chacun ce dont il a besoin.

Il y a aussi le risque de moralisation : c’est-à-dire qualifier l’agressivité ou le conflit de mal, être méchant, mauvais, ce qui stigmatise l’enfant et lui renvoie une image négative de lui-même.

Mme Fabre nous fait réfléchir à ce qui nous met en colère en tant qu’adulte : l’injustice, la non reconnaissance, le rejet, l’intrusion, la frustration, la jalousie, l’envie, être traité comme un objet etc…Pour l’enfant c’est pareil, et tous les moments de forçage sont des violences auxquelles l’enfant va réagir. 

Parfois la colère de l'enfant n'est pas la sienne mais il porte celle des adultes autour de lui, cela le dépasse. Il est important de considérer différentes hypothèses concernant l'origine de ses émotions.

Quelques pistes de réflexion :

Décrisper la tension en se séparant momentanément si trop de colère, repérer ses limites ;

Eviter l’escalade car cela va renforcer l’opposition ;

Les enfants ont besoin de cadre, de frontière pour avoir de l’ordre ;

Apprendre à exprimer ses émotions par le langage sans stigmatiser (au lieu de dire « tu n’es pas gentil » dire « ce n’est pas gentil ») ;

S’appuyer sur le positif, même si tout est noyé dans l’océan de comportements négatifs pour retrouver des perspectives ;

Prendre le temps d’analyser des situations individuelles, en groupe de pairs ou avec des professionnels.

Comprendre ce que ressent l’enfant et lui apporter une réponse individualisée, cela prend du temps et demande un effort, mais quand il s’agit de relation humaine, il n’y a pas de recettes.